À propos d'alertefeu
alertefeu est une carte indépendante des feux de forêt en France, construite sur des données publiques d'observation satellite. Ce site n'est ni officiel, ni institutionnel, et cette page explique exactement ce qu'il sait faire et ce qu'il ne sait pas faire.
Pourquoi ce site existe
Quand un feu se déclare près de chez soi, l'information disponible est paradoxalement difficile à rassembler. Les données satellite existent et sont publiques, la météo est publique, les périmètres brûlés européens sont publics, mais tout cela vit dans des portails techniques séparés, en anglais, pensés pour des spécialistes.
alertefeu rassemble ces sources sur une seule carte lisible, et y ajoute la question que tout le monde se pose réellement : est-ce que ça vient vers moi, et dans combien de temps ?
À côté de la carte, la section guides traite la partie qui compte le plus mais qu'on consulte le moins : la prévention. Le débroussaillement obligatoire, la conduite à tenir face au feu, la réglementation du brûlage. Ce sont des sujets où une information exacte, sourcée sur les textes officiels, évite des amendes et parfois pire.
Qui édite alertefeu
Le site est édité par TAKION, société à responsabilité limitée de droit belge, et développé par Giannino Cuignet, son administrateur (coordonnées complètes dans les mentions légales). Il n'est adossé à aucune administration, aucun service de secours, aucun assureur et aucun organisme forestier.
Cette indépendance a une contrepartie qu'il faut énoncer sans détour : le site n'a aucune autorité. Il ne déclenche pas d'alerte officielle, ne se substitue à aucun dispositif public, et n'a accès à aucune information opérationnelle des pompiers. Il lit les mêmes données ouvertes que n'importe qui, et les présente mieux.
Une erreur, une donnée aberrante, un contenu à corriger ? La page contact est faite pour ça, et les signalements sont traités.
D'où viennent les données
| Couche | Source | Précision et fréquence |
|---|---|---|
| Foyers actifs | NASA FIRMS (capteurs VIIRS et MODIS) | ~375 m ; plusieurs passages par jour ; latence ~3 h |
| Zones brûlées | EFFIS / Copernicus (Union européenne) | ~250 m ; périmètres des 30 derniers jours |
| Vent, humidité, température, pluie | Open-Meteo | Prévision horaire par point |
| Qualité de l'air | Open-Meteo Air Quality (indice européen, PM2.5 / PM10) | Horaire |
| Relief et pente | Modèle numérique d'altitude Terrarium (AWS Open Data) | Statique |
| Végétation et occupation du sol | OpenStreetMap | Mise à jour continue par les contributeurs |
Toutes ces sources sont ouvertes et citées dans les mentions légales avec leurs licences respectives.
Pourquoi certaines détections satellite ne sont pas affichées
Un satellite ne détecte pas des « incendies ». Il détecte des anomalies thermiques : des points de la surface terrestre nettement plus chauds que leur environnement. Une torchère de raffinerie, un four de cimenterie, un haut fourneau, un brûlage agricole et un feu de forêt de trois mille hectares sortent du même flux de données, sans étiquette qui les distingue.
Afficher ce flux tel quel donne une carte qui signale un « feu » sur une usine qui tourne toute l'année. Trois filtres sont donc appliqués avant l'affichage :
- Puissance trop faible. En dessous d'environ 1,5 mégawatt de puissance radiative, la détection relève du bruit thermique plutôt que d'un feu exploitable.
- Confiance basse. Le capteur indique lui-même son niveau de confiance. Une détection peu sûre n'est retenue que si elle est nettement intense.
- Sources permanentes. Le site tient un historique glissant de trente jours. Une zone d'environ deux kilomètres qui chauffe jour après jour est une installation industrielle, pas une forêt : elle est écartée. Le nombre de jours exigé dépend de l'intensité, parce qu'une torchère tourne à quelques mégawatts alors qu'un feu de végétation de même intensité ne revient pas trois jours de suite au même endroit : il grandit, ou il s'éteint. Deux garde-fous : au-delà de 15 mégawatts rien n'est jamais masqué, et le filtre ne s'applique qu'aux détections isolées. Un point qui a des voisins est conservé, quelle que soit sa récurrence : c'est ce qui distingue un feu qui couve pendant des jours, sur plusieurs pixels, d'une cheminée d'usine seule au milieu d'une zone d'activité.
Il réduit les fausses alertes, il ne les supprime pas. Un brûlage agricole déclaré, un feu de décharge ou un incendie industriel restent des feux réels : ils passent le filtre et s'affichent, alors qu'ils ne menacent aucun massif. À l'inverse, un départ de feu très récent ou masqué par les nuages peut n'apparaître nulle part. L'absence de point sur la carte ne signifie pas l'absence de feu.
Quand la carte vous avertit elle-même
Une carte peut être fausse de trois façons différentes, et une seule se voit à l'oeil nu. Un bandeau s'affiche donc en haut de l'écran dans chacun de ces cas :
- Données périmées. Le rafraîchissement ne se fait plus. C'est le cas le plus simple : la carte montre un état passé, et le bandeau indique depuis combien de temps.
- Carte vide anormalement. Plus aucun foyer n'est reçu alors qu'il y en avait il y a peu. Sans avertissement, une France sans le moindre point se lit comme « il n'y a pas de feu », ce qui est rassurant à tort. Le bandeau précise que c'est la source qui manque, et donne l'heure du dernier relevé complet.
- Couverture incomplète. Une seule des deux sources satellite répond. C'est le cas le plus trompeur : la donnée est fraîche, il y a des points à l'écran, et pourtant une partie du territoire n'est pas observée.
- Données de démonstration. Ce mode existe pour le développement, quand aucune clé d'accès aux satellites n'est configurée : il affiche des foyers fictifs. Il est désormais refusé sur alertefeu.fr, où le site préfère une carte vide et un message d'erreur. S'il apparaissait malgré tout, un bandeau l'annoncerait en toutes lettres.
Ces trois avertissements existent parce que l'absence d'information ressemble beaucoup à une bonne nouvelle.
Pourquoi la surface affichée est parfois « non estimable »
Chaque détection couvre un carré d'environ 375 mètres de côté, soit 14 hectares. Mais le capteur s'allume aussi pour un foyer de quelques centaines de mètres carrés, s'il est assez chaud : le pixel donne la résolution de l'instrument, pas la taille du feu. En dessous de trois détections voisines, aucun chiffre de surface ne voudrait dire quoi que ce soit, et le site l'écrit plutôt que d'en inventer un.
Quand une surface est affichée, elle décrit le front actif vu au passage du satellite, pas la surface brûlée depuis le début du sinistre. Cette dernière apparaît en gris sur la carte et vient d'EFFIS.
Comment fonctionne la projection de propagation
La projection n'est pas un simple cercle qui grandit, ni un cône dans l'axe du vent. C'est un modèle de front qui calcule, cellule par cellule sur une grille, la vitesse à laquelle le feu peut progresser localement.
Cette vitesse locale dépend de quatre facteurs :
- Le vent, heure par heure, avec les rafales : il étire le front en ellipse dans sa direction.
- La pente, déduite du modèle d'altitude : un feu qui monte accélère fortement.
- L'humidité, la température et la pluie : elles conditionnent la sécheresse du combustible.
- Le combustible, lu dans OpenStreetMap : forêt et garrigue accélèrent, cultures ralentissent, zones bâties et plans d'eau bloquent la progression.
Le vent était injecté à la mauvaise altitude. La corrélation qui donne la forme allongée du front attend la vitesse du vent au niveau des flammes, alors que les prévisions météo fournissent le vent standard à 10 mètres, deux à trois fois plus rapide. Le front atteignait de ce fait son allongement maximal dès 18 km/h de vent : au-delà d'une brise modérée, la carte ne distinguait plus un coup de vent d'un mistral. Un facteur d'ajustement est désormais appliqué, et la saturation intervient vers 40 km/h.
Le plafond de vitesse ne plafonnait pas. Il était appliqué avant le facteur d'humidité, qui peut multiplier la vitesse par près de deux : la limite annoncée était donc dépassée de 90 %. Elle s'applique maintenant au résultat final, à 6 km/h, ce qui correspond à la limite haute observée sur un front de tête en conditions extrêmes.
Le calcul tourne dans votre navigateur, en moins d'une seconde. Le résultat s'affiche en contours et non en surfaces pleines : une ligne rouge pour le front possible à l'échéance choisie, des pointillés pour les étapes intermédiaires. C'est un choix délibéré, une zone colorée pleine donnerait une fausse impression de certitude.
Les limites, dites clairement
C'est la limite la plus importante. Le modèle simule ce qui se passerait si personne n'intervenait. En réalité, l'immense majorité des départs de feu sont maîtrisés très rapidement, et l'emprise réelle est généralement bien inférieure à ce que montre la projection. Un contour large ne signifie donc pas que la zone va brûler.
Les autres limites tiennent aux données elles-mêmes :
- Latence. Un foyer détecté par satellite apparaît avec environ trois heures de décalage. Un feu qui vient de démarrer peut n'être visible nulle part sur la carte.
- Détection incomplète. Les nuages, la fumée dense et les créneaux entre deux passages satellite créent des trous. Un feu réel peut être totalement absent de la carte.
- Résolution. À 375 mètres de résolution, les petits feux passent sous le radar et un point ne donne pas le contour exact d'un incendie.
- Faux positifs. Les capteurs thermiques détectent aussi des sources de chaleur qui ne sont pas des feux de forêt : torchères industrielles, brûlages agricoles autorisés, surfaces très réfléchissantes.
- Zone grise sans point rouge. Cela signifie que la surface a brûlé récemment mais que le feu est éteint. La trace au sol reste visible par satellite bien après la fin du sinistre.
Ce que ce site n'est pas
alertefeu est un outil d'anticipation et de compréhension. Il n'est pas un système d'alerte. La différence est essentielle :
- Il ne vous préviendra pas si un feu se déclare pendant que vous dormez.
- Il ne reçoit aucune information des pompiers ni de la préfecture.
- Il ne connaît pas les ordres d'évacuation en cours.
Le système d'alerte officiel s'appelle FR-Alert. Il diffuse un message sonore sur tous les téléphones présents dans une zone menacée, sans inscription ni application à installer. C'est lui qui fait autorité, et lui seul. En complément, la Météo des forêts de Météo-France publie chaque jour le niveau de danger par département.
Appelez le 112 (numéro d'urgence européen), le 18 (sapeurs-pompiers) ou le 114 par SMS si vous êtes sourd ou malentendant. Suivez uniquement les consignes des autorités.
Comment le site est financé
L'accès à alertefeu est gratuit et sans compte. Le service a un coût de fonctionnement réel : hébergement, appels aux différentes interfaces de données, nom de domaine. Ces frais sont couverts par l'éditeur et, éventuellement, par l'affichage d'annonces publicitaires.
La publicité, lorsqu'elle est présente, n'influence jamais le contenu des guides ni l'affichage des données. Les conditions de traitement des cookies publicitaires sont détaillées dans la politique de confidentialité.